Un peu d'histoire

La légende des origines du sanctuaire de Notre-Dame de Basse-Wavre vit le jour dans le courant du XI ème siècle. D'abord chapelle, puis église d'un prieuré bénédictin, église paroissiale depuis 1805, et, en cette fin de XXe siècle, basilique : tel est le parcours de Notre-Dame de Basse-Wavre.

Vers 1050, des paysans de la région furent intrigués en entendant plusieurs fois de "célestes musiques" planant sur les marécages de Basse-Wavre et ce durant la nuit précédant les fêtes de la Vierge Marie. Attirés par ce phénomène, ils décidèrent d'y aller voir de plus près et virent là des anges entourés d'une merveilleuse lumière ...

Aussitôt fut prise la décision de bâtir une chapelle en ce lieu.  
Le marécage ne permettant pas la réalisation de ce projet, ils commencèrent la construction sur la colline.
Hélas, le lendemain, puis chaque jour suivant, se produisit un fait peu ordinaire ...
Chaque matin, en effet, les murs bâtis la veille avaient disparus et mystérieusement émigrés au coeur du marécage ! 
Ils décidèrent donc de veiller la nuit afin de savoir ...
C'est alors qu'à minuit leur apparût, au coeur d'une lumière éclatante, Marie, entourée d'anges qui déclara : "J'habiterai cette vallée parce que je l'ai choisie."

Peu après, ces mêmes habitants découvrirent là une chasse d'une beauté extraordinaire ..."tellement belle qu'ils la crurent venue du ciel".
Ils
achevèrent alors la chapelle en ce lieu voulu par Marie et y posèrent la chasse de Notre-Dame à la place d'honneur ...

Au XIIème siècle, les moines bénédictins d'Affligem héritèrent d'une petite chapelle à Basse-Wavre.
Ils la dédièrent à saint Pierre et à Notre-Dame et déposèrent un coffret contenant des reliques de saints et de martyrs. Cette châsse symbolisait "une présence" un peu comme l'Arche de l'Alliance (qui abritait les Tables de la Loi remises à Moïse) représentant la présence de Dieu au milieu de son peuple. Durant les luttes féodales, on la transportait sur le lieu de conflits comme un symbole efficace de paix.

Au bout d’une centaine d’années, les moines décidèrent de porter le coffre de bois à Bruxelles dans le quartier des orfèvres pour qu’il soit recouvert de métal précieux.  Ils le déposèrent dans l’église St Nicolas-Bourse.  Il y avait, à cette période, une épidémie de peste qui s'est rapidement propagée, et, naturellement, de nombreux malades vinrent prier devant la châsse. Leurs prières furent exaucées, …et l’épidémie s’arrêta?

En 1625, l'archiduchesse Isabelle fit décorer, en l'honneur de N.-D., la Maison du Roi (Grand Place Bruxelles). Les inscriptions commémoratives, dont "A PESTE, FAME ET BELLO, LIBERA NOS MARIA PACIS" s'étalaient sous les fenêtres aux 2 étages de l'édifice .Ces inscriptions ont disparu lors de la dernière reconstruction de l'édifice.

L'abbé d’Affligem, voyant tous ces bienfaits voulut ramener la châsse chez lui, enfin, à l’abbaye…mais les moines de l'abbaye ne parvinrent pas à la soulever. Alertés, les moines venus de Basse-Wavre essayèrent à leur tour de soulever la châsse et y réussirent: cette Châsse était tout à fait transportable. La place de la châsse était bel et bien requise à Basse-Wavre !


Dans la chapelle mariale, la statue de Marie, que les litanies mariales nomment "Arche de l'Alliance", est présente au dessus de la châsse. C'est à elle que Jésus, 
en mourant pour notre réconcilliation nous a confiés.

La châsse de Notre-Dame de Basse-Wavre est une « châsse vivante » car elle est exceptionnellement, mais périodiquement, ouverte pour y accueillir de nouvelles reliques. Ainsi, par la présence des nombreuses reliques de saints et saintes c'est un véritable livre retraçant l’histoire de l’Eglise depuis près de mille ans au travers des personnages hors normes qui nous montrent le « chemin ». Faite en cuivre doré, les côtés de la châsse sont ornés de 14 médaillons ovoïdes (5 par grand côté et deux par petit côté) illustrant la légende de Basse-Wavre.
Il représentent:
- La Vierge, entourée de lumières et d'anges apparaît dans le vallon de Wavre;
- On construit une chapelle sur une hauteur voisine de Wavre;
- Elle est détruite par trois fois et les anges en commencent une nouvelle dans la vallée;
- La châsse y est aussi apportée par les anges;
- Godefroid, duc de Brabant et les moines d'Affligem, vénèrent la châsse;
- A Bruxelles, elle réconcilie les ennemis, d'où son nom "Marie de Paix et de Concorde";
- La peste qui ravageait Bruxelles recule devant la châsse;
- L'abbé d'Affligem, voulant reprendre la châsse, déposée à l'Eglise St Nicolas à Bruxelles, ne parvient pas à la bouger;
- Le prieur de Basse-Wavre la reporte facilement à Wavre;
- En priant, 30 000 personnes escortent la châsse jusque Wavre;
- La venue de la châsse éloigne la peste des environs de Wavre;
- Les habitants de Limal portent la châsse en procession pour obtenir de la pluie;
- Un enfant, écrasé sous un rocher, est miraculeusement retrouvé sain et sauf;
- Divers miracles obtenus près de la châsse.

Le sanctuaire est devenu un lieu de pèlerinage important et la chasse est portée  lors de la procession annuelle du "Grand Tour", le dimanche suivant la fête de St-Jean Baptiste (24 juin)

  Une tradition se perpétue à Basse-Wavre : c’est le « petit tour », un geste d’humilité et de confiance que les personnes de tout âge et condition accomplissent avec beau coup de ferveur : elles passent, par trois fois, derrière l’autel, sous la statue de Notre Dame et la Châsse, et elles demandent, par l’intercession de Marie et des Saints, aide et protection du Seigneur. Le sillon creusé dans la pierre par le passage des pèlerins en prière ("chemin de prière"), derrière l'autel de la chapelle, sous la châsse, afin d’en recueillir toutes les grâces de sainteté qui s’en dégagent, témoigne de l'ancienneté de la dévotion.



Une version pdf de l'histoire du culte à Notre-Dame de Basse-Vavre est disponible
ici

Notre-Dame de Paix et de Concorde y est invoquée pour sa présence bénéfique dans les conflits entre les peuples, mais aussi dans les familles et dans les cœurs. Au cœur de l'édifice, depuis 950 ans, la chapelle mariale accueille celles et ceux qui viennent y reprendre souffle auprès de Celle qui les guide vers son Fils. La statue couronnée de Notre-Dame de Paix et de Concorde avec, à ses pieds, la châsse contenant nombre de reliques de saints et saintes depuis les catacombes jusqu'à nos jours  (Voir : reliques dans la Châsse), symbolise le peuple des ressuscités qui, avec Marie, est en marche vers Dieu.

Le culte des Madones

Le culte des images ou statues date au moins du Vème siècle. C’est la plus significative de toutes les formes de la piété orientale et assimilée par l’Occident.

Ces images sont par la suite devenues objets de vénération. Certaines furent appelées miraculeuses suite à des miracles qui se sont produits alors qu’on y récitait des prières.

La Vierge Marie est vénérée comme Reine du Ciel et de la Terre. Son couronnement au Ciel est le cinquième mystère glorieux et clôture la méditation du Rosaire. Cette royauté fait pendant à celle de Dieu.

Ce titre royal de Marie s’est répandu par l’iconographie durant le Moyen-Âge  et les siècles suivants.

Par la suite les statues recevaient un habillement somptueux. Cet habillement est une tradition espagnole qui remonte au règne des archiducs Albert et Isabelle (1599-1633).

Les Madones couronnées pontificalement

Le premier couronnement marial eut lieu à Rome aux environs de 1600, par le pape Clément VIII qui ceignit le front de Sainte-Marie-Majeure d’une couronne d’or sertie de pierres précieuses.

Par la suite, Notre Dame d’Oropa fut couronnée le 30 août 1620 et, quelques années plus tard entre 1631 et 1636, neuf madones reçurent un diadème d’or.

La Belgique est le pays qui possède le plus grand nombre de Madones couronnées. Il y a soixante- quatre vierges couronnées entre 1843 et 1991. Toutes ne le sont pas au nom du Souverain Pontife. Rien qu’à Bruxelles, il y a six Madones couronnées, en Flandre trente-cinq et en Belgique Romane vingt-trois.

Le Brabant Wallon compte deux vierges couronnées : Notre Dame de Basse-Wavre (1897) et Notre Dame des Affligés à Tilly (1931). Cette dernière est dans une chapelle édifiée à un croisement de chemins, dans les bois de l’abbaye de Villers-la-Ville. Elle fut couronnée par le cardinal Van Roey, archevêque de Malines, au nom du pape Pie XI, lors d’une cérémonie grandiose dans les ruines de l’abbaye de Villers.

C’est aux Madones les plus célèbres qu’il est accordé par le Chapitre de la Basilique Patriarcale de Saint Pierre, au Vatican, la faveur de porter une couronne d’or. C’est le cas de Notre-Dame de Basse-Wavre, par un "bref pontifical" du 26 juin 1897, du pape Léon XIII. Ce document conférait au cardinal Goossens le pouvoir de couronner en son nom la statue, le 8 septembre suivant. Le Pape accorde également au cardinal, le privilège exceptionnel de donner en ce jour la bénédiction apostolique avec indulgence plénière, au nom de Léon XIII.

Ainsi qu’on peut le constater, la Madone de Basse-Wavre se classe deuxième dans l’ordre des vierges couronnées.

De plus, à la requête de S.E. le cardinal Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles, l’église de Basse-Wavre a été élevée au rang et à la dignité de basilique mineure en décembre 1999, par SS le pape Jean-Paul II. L’église de Basse-Wavre est la seule basilique mineure de la province.

Autant de privilèges qui font du site de Notre Dame de Basse-Wavre un lieu de pèlerinage qui vaut le détour.

Il faut savoir que les honneurs (couronnement et basilique) rendus à Notre Dame de Basse-Wavre le sont grâce à la ferveur des pèlerins qui défilent depuis les premiers temps du XIème siècle. Les nombreux ex-votos l’attestent.

La journee du 8 septembre 1897

Si le 8 septembre est jour de fête de la nativité de la Vierge Marie, le 8 septembre 1897 prit une toute autre dimension.

Dès six heures du matin, l’église de Basse-Wavre ne cesse de se remplir par une foule pieuse et orante. La chapelle mariale est envahie. On y entend un long murmure des chapelets que l’on égrène. Sous les voûtes de l’église les chants se succèdent en l’honneur de Notre-Dame. Des trains spéciaux débarquent à la gare de Wavre des milliers de pèlerins qui se dirigent en un long défilé vers le sanctuaire de Basse-Wavre. Chants, prières et cantiques forment une cacophonie sous les frondaisons de la Belle Voie.  

Vers 9 h. une énorme procession s’ébranle pour se rendre sur la place de Wavre, où doit se dérouler la cérémonie du couronnement. En tête de cortège, quinze gendarmes à cheval, précédée de la croix. Suivent la Société de Fanfares et Philharmonique de sainte Cécile, la Chorale l’Avenir, les notables de Wavre, un grand nombre de membres du clergé et, en fin, tous les évêques du pays suivis de la statue de Notre Dame de Basse-Wavre.

Le cortège débouche sur la place de Wavre où attendent près de 20.000 pèlerins. L’instant du couronnement sera particulièrement émouvant lorsque S.E. le cardinal Goossens placera la couronne sur la tête de la Vierge. Un Ave Maria retentit suivi du Sancta Mater de Gounod.

Une immense joie retentit dans la foule qui crie : « Vive Notre Dame de Basse-Wavre ». Des canons tonnent, les trompettes thébaines et toutes les cloches des églises sonnent à l’unisson.

La cérémonie se termine, un cortège se forme pour rejoindre au chant d’un Te Deum, l’église de Basse-Wavre. Jusqu’au soir l’église ne désemplira pas. En finale, une procession aux flambeaux draine plus de mille personnes qui achèvent ainsi, dans la ferveur, une journée grandiose.

Les pieces du couronnement

"Cliquez sur les numéros
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Des photos des pièces présentées lors du 110ème anniversaire du Couronnement de Notre-Dame de Basse-Wavre et qui font partie du "trésor" peuvent être consultées  dans les galerie de photos 1  et galerie de photos 2

Les reliques

La vénération des reliques trouve tout son sens, particulièrement à Basse-Wavre, où les saints et saintes sont par leur exemple « la Fierté de Notre Dame ».

Ce n’est pas tant la relique, en tant qu’objet, qui est importante, mais bien le message qu’elle transmet aux pèlerins croyant en la « communion des saints ».
Et les miracles attribués aux reliques ?
Ce ne sont pas les reliques qui agissent, mais bien l’intercession du saint ou de la sainte auprès de Dieu, que nous prions.
La châsse, ce reliquaire, que nous avons le bonheur d’avoir chez nous, a fêté son 380ème jubilaire, en décembre 2009. A cette occasion, le 11 décembre, 3 nouvelles reliques y ont été introduites :  saint Benoît, sainte Claire et bienheureuse Mère Térésa de Calcutta.
 

Pour en savoir un peu plus sur l'histoire du l'histoire du culte des reliques, (1) - (2) - (3)

Liste des reliques contenues dans la châsse :

 La version PDF de cette liste est disponible  ici

Le 13 décembre 2015, lors de l'ouverture solennelle de l'Année de la Miséricorde à la basilique de Basse-Wavre - église jubilaire -, une relique de Jean-Paul II a été déposée dans un reliquaire spécifique, au pied de la châsse pour y être priée et vénérée par les pèlerins.
Elle intègrera la châsse lors de sa prochaine ouverture, en 2022.

 - Reliques provenant de Palestine et de la première châsse
       Fragment de la Sainte Croix,
       Souvenirs de la Sainte Vierge, de Sainte
     
     Anne, de Saint Joachim, de Saint
          
Jean-Baptiste
 
- Reliques placées au 17ème siècle
      Saint Maximin,
      Saint Magnus,

      Saint Victor,
      Saint Clément, martyr
      Compagnons de Saint Placide,
      Saint Aubert,
      Saint Guibert,
      Saint Maxime, martyr,
      Saint Victorin, martyr,
      Saint Faustin, martyr,
      Saint Magnus, martyr,
      Martyrs de la Légion Thébaine,
      Saint Hilaire, martyr,
      Saint Faustus, martyr,
      Saint Jean, martyr,
      Saint Paul, martyr,
      Sainte Aquiline, compagne de Sainte Ursule


- Reliques placées dans la châsse en 1951
     
Sainte Gertrude,
      Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus,
        Saints Martyr de Gorcum,
        Sainte Begge,
        Saint Rombaut,
        Saint Albert de Louvain,
        Saint Jean Bosco,
        Saint Jean-Marie Vianney, curé d'Ars,
        Sainte Alène,
        Saint Médard,
        Sainte Lutgarde,
        Sainte Marie-Thérèse Soubiran,
        Sainte Catherine Labouré

  - Reliques placées dans la châsse en 1957
       
Sainte Mari Goretti

 - Reliques placées dans la châsse en 1997
       
Saint Mutien-Marie,
        Saint  Damien de Molokaï

 - Reliques placées dans la châsse en 2000
       
Saint François d'Assise,
        Sainte Julie Billiart,
        Saint
Dominico Savio

- Reliques placées dans la châsse en 2009
       
Sainte Mère Térèsa,
        Saint Benoît,
        Sainte Claire

Des photos de détails de la châsse dédiée à Notre-Dame peuvent être consultées  dans la galerie de photos

Des photos de détails des reliques contenues dans la châsse  peuvent être consultées dans cette galerie de photos - ouverture et fermeture de la Châsse en décembre 2009

Des photos des banières de Saints (dont une relique se trouve dans la châsse) peintes par Marie-Paule Raigoso  peuvent être consultées  dans la galerie de photos